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« Tár », « Retour à Séoul », « la Famille Asada »… Les films à voir (ou pas) cette semaine



Tár

♥♥♥ Drame américain par Todd Field, avec Cate Blanchett, Noémie Merlant, Nina Hoss (2h38).

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Lydia Tár est une star. Compositrice, cheffe d’orchestre et directrice musicale de la Philharmonie de Berlin, elle cumule les honneurs et les récompenses. Alors qu’elle sort son autobiographie et répète la « Symphonie n° 5 » de Mahler en vue d’un concert, une de ses ex-protégées se suicide et son quotidien, réglé comme du papier à musique, se détraque. Tár, c’est Cate Blanchett, une star elle aussi dans son domaine, une virtuose surtout qui n’aime rien tant qu’incarner des personnages mal aimables − la « Blue Jasmine » de Woody Allen, la reine d’« Elizabeth ». Lesquels, sans son génie, seraient insupportables. Si son interprétation dans « Tár » (auréolée d’un Golden Globe et d’un prix à la Mostra de Venise) est une de ses plus marquantes, c’est aussi parce que le réalisateur Todd Field (ex-acteur, vu dans « Eyes Wide Shut ») compose autour d’elle une curieuse symphonie sur l’art, les rapports de pouvoir et le libre arbitre face à la cancel culture, aux réseaux sociaux et à la pensée unique.

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Cate Blanchett : « Je suis très inquiète pour la démocratie »

Du portrait legato, sobre et circonstancié, d’une artiste-démiurge, que ne renierait pas un Michael Haneke, son film glisse spiccato vers un drame cauchemardesque à l’ironie très polanskienne. Et à mesure que le pouvoir de Tár s’effrite − pour ne pas dire l’emprise qu’elle exerce autour d’elle jusque sur sa compagne et premier violon (Nina Hoss) − se substituent aux longs plans enveloppants des ellipses abruptes, des scènes incertaines, un sentiment de perte de contrôle. Paravents au discours édifiant dans lequel aurait pu sombrer ce grand film trouble sur notre époque où l’ordre moral menace de suppléer à la justice. Nicolas Schaller

Retour à Séoul

♥♥♥ Drame français par Davy Chou, avec Park Ji-min, Oh Kwang-rok, Guka Han (1h59).

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Freddie, 25 ans, coréenne adoptée en France, débarque à Séoul. Elle ne vient pas pour retrouver ses parents biologiques. C’est pourtant ce qu’elle va faire pendant les presque deux heures de ce film magnétique. Davy Chou, dont le cinéma s’intéresse aux traces effacées, dresse le portrait d’une femme opaque, imprévisible et indocile qui observe une société dont elle ne possède ni les codes ni la langue, s’y couler dans une deuxième partie (elle fréquente l’underground), buter sur une réconciliation impossible dans la troisième comme si l’important était le chemin. Chou scrute Park Ji-min, une non-professionnelle, en gros plans pour tenter de percer son mystère. Elle est autant l’auteure du film que lui. Sophie Grassin

« Avec l’adoption, on devient deux personnes » : Laure a servi de modèle au film de Davy Chou

La Famille Asada

♥♥ Comédie japonaise par Ryôta Nakano, avec Kazunari Ninomiya, Haru Kuroki, Satoshi Tsumabuki (2h07).

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Vimeo – LA FAMILLE ASADA

Dans la famille Asada, voici le père (qui voudrait être pompier). Puis le frangin (pilote de course). Puis la maman (femme de yakuza). Masashi, le fiston, photographie tout le monde, dans cette tribu un tantinet déjantée… Charmante comédie qui panache l’absurde et l’incongruité, ce film est dans l’esprit de Frank Capra, avec des personnages fantasques et des situations savoureuses. Il paraît que le film est inspiré d’une histoire authentique, et que le héros, Masashi Asada, est un authentique photographe. Chapeau l’artiste, pour cette joie de vivre toute en légèreté souriante ! François Forestier

Mayday

♥♥ Film d’action américain par Jean-François Richet, avec Gerard Butler, Mike Colter, Yoson An (1h47).

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Le soir du réveillon, une tempête menace d’envoyer les passagers d’un vol commercial ad patres. C’est sans compter le professionnalisme du pilote qui parvient à faire atterrir l’engin sur l’île de Jolo… aux mains de séparatistes philippins sanguinaires. Du sur-mesure pour Gerard Butler, vedette burinée du film d’action bourrin, ici pris en main par le réalisateur français − et ex-marxiste − Jean-François Richet (« Mesrine »). Une série B efficace, à la gloire des durs à cuire qui s’ignorent et des criminels en voie de rédemption, pour les nostalgiques des soirées VHS du samedi soir. N. S.

Divertimento

♥♥ Drame musical et social français par Marie-Castille Mention-Schaar, avec Oulaya Amamra, Lina El Arabi (1h50).

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Inspiré d’une histoire vraie, le nouveau film de l’auteure de « A Good Man » retrace les parcours de jumelles mélomanes. Deux adolescentes issues de l’immigration, prêtes à tout pour assouvir leurs ambitions artistiques. L’une hésite à devenir violoncelliste professionnelle, l’autre rêve de devenir cheffe d’orchestre dans un milieu masculin et conservateur. Le portrait sans clichés d’une famille immigrée, le dessin des frontières supposées infranchissables entre banlieue et lycée musical chic du 16e arrondissement de Paris et la violence muette du déterminisme social évitent à ce feel-good movie sociétal de sombrer dans la candeur. Manque juste un rien de mise en scène. Xavier Leherpeur

C’EST RATÉ

Vaincre ou mourir

Fresque historique française par Vincent Mottez et Paul Mignot, avec Hugo Becker, Rod Paradot (1h40).

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A la question posée par le titre, la réponse est claire : mourir plutôt que de revoir un jour ce nanar historique. Produit par le Puy du Fou, ce pur objet de canonisation retrace le parcours de Charette, héros martyr des Vendéens lorsqu’ils se levèrent contre la France révolutionnaire. Les moyens ne manquent pas mais ils sont impuissants à sauver le film de sa mélasse scénaristique. Les figurants semblent s’ennuyer et les comédiens se débattent avec des dialogues lénifiants pour (mauvais) son et lumière. Quant à la mise en scène, signée à quatre mains, elle est inerte, reposant sur un recours abusif au drone et aux contre-plongées pour renforcer la dimension christique du personnage central. Très peu de cinéma, beaucoup de bruit et de fureur prosélyte, le tout saupoudré d’un message chrétien lourdement asséné. X. L.

Neneh superstar

♥♥ Comédie dramatique française par Ramzi Ben Sliman, avec Oumy Bruni-Garrel, Maïwenn, Aïssa Maïga, Steve Tientcheu (1h35).

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Gamine noire issue de La Courneuve, Neneh (Oumy Bruni-Garrel, révélation fracassante), intègre non sans mal l’école de ballet de l’Opéra de Paris. Voici Neneh la forte en gueule en butte aux préjugés de ses camarades et à l’hostilité de Marianne Belage (Maïwenn), la directrice d’origine arabe, qu’elle admire mais qui, a dû, elle, se couler dans le moule. Ramzi Ben Sliman montre un milieu partagé entre tradition et ouverture, où l’on parle sans fard de poids requis et de couleur de peau. Sans surprise, la petite tendra la main à sa prof, pourvue d’un œil bleu et d’un œil brun, symboles de sa déchirure identitaire et de sa cécité. Un film où une gosse peut crier son ras-le-bol d’être noire, qui dresse en creux un portrait de la France. S. G.

Interdit aux chiens et aux Italiens

♥♥♥ Film d’animation français par Alain Ughetto, avec les voix d’Ariane Ascaride et d’Alain Ughetto (1h10).

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L’histoire d’un immigré italien venu en France au début du XXe siècle et celle de son petit-fils qui retrace l’histoire perdue de son aïeul. Une odyssée de la misère et de la survie que l’auteur du film ne surcharge jamais, trouvant dans le stop motion (animation de figurines en pâte à modeler) et une cocasserie poignante de quoi contourner les écueils du film mémoriel. La façon dont Alain Ughetto dialogue avec son film, entrant à vue dans le cadre pour redresser une marionnette ou discuter avec son arrière-grand-mère, offre un vrai supplément d’âme et d’émotion. Un film magnifique et tous publics. X. L.

Ashkal, l’enquête de Tunis

♥♥ Drame fantastique tunisien par Youssef Chebbi, avec Fatma Oussaifi, Mohamed Houcine Grayaa, Rami Harrabi (1h31).

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Visuellement, c’est magnifique. Et la bonne idée, c’est d’avoir situé cette histoire de cadavres calcinés dans le quartier des Jardins de Carthage, à Tunis, ensemble de bâtiments modernes inachevés. La police enquête et patauge, les pressions politiques s’accentuent, une femme flic creuse… Polar fascinant, ambiance Henning Mankell, voici un film étonnant, qu’on porterait aux nues n’était une conclusion déconcertante qui est peut-être une référence aux immolations du « printemps arabe » ou à une malédiction divine (allez savoir). Dommage. F. F.

Tu choisiras la vie

♥♥ Film dramatique franco-italien par Stéphane Freiss, avec Lou de Laâge, Riccardo Scamarcio (1h41).

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Eté après été, une famille juive orthodoxe se rend dans le sud de l’Italie pour y récolter les cédrats. C’est là que la fille du patriarche, en plein questionnement religieux et tentant d’échapper à un mariage arrangé, noue avec le (beau) propriétaire de la ferme une complicité silencieuse. Sur une histoire qui pourrait tomber dans les clichés, l’acteur, pour son premier film derrière la caméra, oppose une écriture retenue et distanciée. Si la mise en scène reste un peu trop en retrait, elle est en revanche amoureusement dévouée à ses comédiens, Lou de Lââge et Riccardo Scarmacio. X. L.

Saloum

♥♥ Western africain par Jean-Luc Herbulot, avec Yann Gael, Evelyne Ily Juhen, Roger Sallah (1h24).

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Une bande de mercenaires fait main basse sur un chargement d’or, en Guinée-Bissau. Contraints d’atterrir dans le désert du Saloum, au Sénégal, ils tombent dans un piège, et tout se règle à coups de flingues… Le réalisateur louche vers le bang-bang de Tarantino et le spaghetti western : le cocktail se nomme le « southern », et concentre coups de pétards, cynisme en vrac, trahisons diverses, et vitesse d’exécution. C’est de la série B, mais de la bonne, réjouissante et survoltée. F.F.

Ca ressort

Le Salon de musique

♥♥♥♥ Drame indien par Satyajit Ray, avec Chhabi Biswas, Padma Devi, Pinaki Sengupta (1h40, 1958).

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Un chef d’œuvre, il n’y a pas d’autre mot. Dans son palais du Bengale, un noble propriétaire terrien vit le déclin de sa caste et son propre naufrage social en sacrifiant tout à sa passion, la musique : face à la montée d’une classe de bourgeois enrichis, voici la spiritualité et le désespoir tranquille d’une époque révolue. Satyajit Ray, après sa réussite géniale de « La Complainte du Sentier » filme avec une empathie majestueuse cette lente descente dans l’obsession, et réunit les meilleurs danseurs et musiciens du moment. C’est poignant, hypnotique, absolument envoûtant. Longtemps invisible, ce film de 1958 a mis vingt-trois ans à sortir en France (en 1981), et ce fut une découverte. Ça l’est toujours. F.F.



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