April 21, 2021

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Damien Seguin : « Sur les bateaux du Vendée Globe, nous sommes tous des handicapés »

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La Croix L’Hebdo : On dit souvent qu’un Vendée Globe est une expérience qui change un homme. Êtes-vous le même qu’avant le départ ?

Damien Seguin : Avant le départ, j’ai dit et même écrit dans un livre que l’on devait forcément rentrer différent d’une telle aventure. Cela fait maintenant deux mois que je suis revenu et, si je veux être en accord avec ce que je pensais, je répondrais que j’ai changé. Mais en même temps, je me sens profondément semblable à­­­ celui que j’ai toujours été. Ce genre d’expérience consolide les points forts et accentue les faiblesses. J’ai donc confirmé que j’étais dur au mal, tenace, en capacité de me priver de plein de choses que je pensais indispensables dans la vie terrienne. Mais je me suis d’abord découvert une certaine capacité de distance avec les autres.

Durant les premiers jours de course, j’étais indifférent à l’actualité, au sort des gens qui vivaient une situation pas très drôle, le Covid était bien loin. Au bout de quelques jours, j’ai réagi et demandé des nouvelles du monde, qu’on ne me donnait pas naturellement car mon équipe, comme elle n’osait pas me rajouter des problèmes, ne tenait pas trop à me raconter ce qui se passait. Après l’équateur, au bout d’une bonne semaine, quand le stress du départ était un peu passé, je me suis intéressé de nouveau aux autres, ça m’a permis de me réorienter vers l’extraordinaire de ce que j’étais en train de vivre. Me décentrer de mes problèmes quotidiens m’a fait relativiser mes problèmes de bord, remettre du positif dans tout ce que je vivais. Y compris les galères et il y en a eu quelques-unes !

Un tour du monde en solitaire, c’est paraît-il un problème par jour à résoudre. On n’exagère pas un peu ?

D. S. : S’il n’y avait qu’un seul problème à gérer, ça irait. Mais en réalité les problématiques se superposent, les emmerdes volent en escadrille comme on dit. Quand on a une panne, la météo est généralement mauvaise, la mer dangereuse, et en plus on a un coup de fatigue. Tout paraît insurmontable, tout explose, on ne sait plus par où commencer pour défaire les nœuds. J’ai fondu en larmes plusieurs fois.

→ ÉDITO. Vendée Globe : la performance et l’élégance

Le pire moment, que je ne suis pas près d’oublier, c’est quand mes deux pilotes automatiques sont tombés en panne en même temps. J’étais dans l’océan Indien, à cinq jours de la terre la plus proche, et je ne voyais pas comment mener le bateau en sécurité dans les deux heures suivantes. J’ai appelé mon équipe, j’ai parlé à ma femme et à mon chef de bord, Jean-Charles. Tous deux me connaissent bien. Ils m’ont rassuré en affirmant savoir où était la panne, mais ils m’ont dit qu’ils ne me diraient rien tant que je ne serais pas allé dormir trois heures. Ils ont eu raison, car s’ils m’avaient donné la solution tout de suite, j’aurais essayé de réparer, mal, et j’aurais pu rendre les choses pires encore.

Dans ces cas-là, la peur est présente ?

D. S. : Je n’emploierais pas ce mot, du moins pas dans sa signification terrienne qui veut dire : j’ai la trouille de mourir noyé. À bord, ce n’est pas le sujet quand ça va mal, dans des cas comme ça, on est tendu comme un pilote de Formule 1 avant un virage dangereux, on n’a pas peur, mais on mobilise toute son énergie pour éviter le pire, ce qui est différent. Si on a peur de mourir noyé, il ne faut pas monter à bord. Dans une situation critique, l’important est de ramener le bateau en sécurité, on n’est pas sur un terrain de foot, on ne peut pas abandonner et se réfugier au vestiaire à dix mètres. On n’a pas peur mais on sait qu’on est en danger, qu’on est seul au bout du monde pour résoudre les problèmes.

C’est aussi toute la beauté du Vendée Globe, c’est ça qui fascine les gens, particulièrement dans le contexte morose de l’actualité. C’était dur, je ne dirais pas le contraire, mais on a tous mesuré la chance qu’on avait de faire partie des privilégiés. On a beaucoup travaillé pour en être là, mais on avait conscience de vivre une aventure hors du commun. Il y a eu beaucoup plus d’hommes sur l’Everest et dans l’espace qu’autour du monde en solitaire. Quand les ennuis se calment, on y pense évidemment.

Rassurez-nous, il y a quand même des bons moments ? Le plus beau de ces quatre-vingts jours de course…

D. S. : Le passage du cap Horn, c’est le mythe de tous les marins. En plus, j’étais quatrième de la course, là aussi j’ai versé ma petite larme, de joie cette fois. Je n’oublierai jamais cet instant. Des bons moments, il y en a eu plein d’autres, mais ils sont moins spectaculaires, presque indicibles. Je me souviens d’avoir été très ému parce qu’un reflet de lune rendait la mer transparente, même chose quand j’ai vu mon premier albatros dans le Grand Sud. Il m’est arrivé de me réjouir en me chauffant au soleil, sans rien faire, sur le pont. Ce peut être un bon plat aussi, rien d’extraordinaire en fait. Comme on est privé de beaucoup de choses du quotidien terrestre, on s’émerveille de pas grand-chose, c’est une leçon que je vais essayer de retenir pour ma vie future. C’est comme quand on passe devant une jolie vitrine, c’est beau, mais on n’a pas besoin d’entrer et d’acheter pour apprécier. Ces moments-là, on les garde au fond de soi, sans le savoir, avec la fausse impression de les avoir oubliés, mais ils sont là pour toujours.

Justement, comment partage-t-on une aventure comme celle-là avec ses proches ?

D. S. : Ça prend du temps. Il faut d’abord se réhabituer à la terre, car l’atterrissage est très violent. On passe d’une routine centrée sur soi-même aux sollicitations, aux félicitations, aux horaires. On est tous préparés à ce moment-là, mais j’ai quand même été surpris. Les derniers jours sont bizarres, on est à la fois content d’arriver et triste que ça s’arrête.

→ ANALYSE. Vendée Globe : ces foils qui rendent la navigation de plus en plus dangereuse

Quand j’ai posé le pied à terre, j’ai eu la conviction que je repartirais, et j’ai même eu besoin de le dire. Je sais que cette déclaration a pu étonner, mais elle était issue d’une de mes multiples discussions avec Jean Le Cam, avec lequel j’ai beaucoup travaillé avant la course (ils ont préparé leur bateau ensemble). Il en est à son cinquième Vendée Globe, je lui demandais souvent comment on trouvait l’énergie de repartir. Il me répondait : « Dès que tu poseras pied à terre, tu sauras ou non si tu as envie d’y retourner. »

De là à dire, dès votre arrivée, que vous n’aviez envie que d’une chose, de repartir, ce n’était pas très gentil pour votre femme et vos deux enfants…

D. S. : Ils ont compris ce que je voulais dire. Je sais que c’est très dur d’avoir un mari comme moi. Mon épouse Tifenn ne se plaint jamais, après le retour des courses, elle n’évoque pas ce qu’elle a ressenti, y compris dans les moments de stress. C’est une Bretonne du nord, là-bas on conseille aux filles de ne jamais épouser un marin, car c’est source de trop de chagrin. Elle n’a pas écouté sa mère, tant mieux pour moi. Elle était prévenue, je l’ai demandée en mariage juste après mon titre aux Jeux paralympiques d’Athènes (2004). En secret, j’avais fait tailler une robe de mariée dans la voile du bateau, le message était clair. Je ne lui ai jamais caché mon caractère, elle connaît le monde sportif, car elle a comme moi suivi des études de professorat d’éducation physique, elle sait que le sport de haut niveau suppose une forme d’égoïsme. Il faut être capable de tout sacrifier pour arriver au sommet, y compris ceux qu’on aime. Tous les grands champions sont des égoïstes.

Et les enfants ?

D. S. : Etann et Marjane (15 et 11 ans) ont leur vie, heureusement. Ils me posent des questions, souvent sur des sujets très basiques, comme la nourriture, l’hygiène, le genre de thèmes qui n’intéresse pas le grand public. Ça me permet de revivre ma course, ce que je n’ai pas encore eu le temps de faire. Et ça relativise l’exploit.

→ ENTRETIEN. Éric Bellion : « La peur du Grand Sud gagne le Vendée Globe »

Je comprends que les gens nous mettent sur un piédestal vu la performance, je suis connu, on me demande des autographes, mais je sais que ça ne durera pas, et les enfants ne sont pas si impressionnés que ça. L’autre jour, je demandais à mon fils de m’aider à tourner le moulin à poivre, un des rares gestes que je ne peux pas faire. Il s’est moqué de moi en me disant : « Tu fais le tour du monde en bateau et t’es même pas capable de poivrer ton assiette. » Ça calme. De toute façon, je ne connais pas un marin du Vendée Globe qui a la grosse tête. Ah si un, pas de nom…

On dit souvent que le Vendée Globe est une course mais aussi une aventure. Comment l’avez-vous vécue ?

D. S. : Clairement comme une course. Je ne voyais pas les choses comme cela au départ, je voulais finir en moins de quatre-vingt-dix jours. Mon bateau était ancien, je ne pensais pas pouvoir prétendre aux premiers rôles, donc j’étais parti pour une belle aventure. Mais le mode compétition s’est très vite enclenché et il ne s’est jamais démenti. Je me suis retrouvé vite dans le peloton de tête, je me suis même retrouvé en deuxième position après le cap Horn. Certains ont peut-être rêvé d’une première place pour moi, mais moi jamais. En revanche, je me suis dit qu’un podium était possible. D’ailleurs, ce n’est pas passé loin, ce qui fait que j’ai navigué à fond jusqu’au dernier moment.

Je reviendrai sur le Vendée Globe en 2024 et je ne pense pas que ma main manquante m’empêchera de gagner, je pense que je fais désormais partie des futurs vainqueurs possibles. Dans le même esprit, je dis souvent aussi qu’une femme gagnera un jour. Je partage avec les navigatrices une particularité, la force athlétique leur manque et moi, ma main gauche, mais d’une certaine manière, ça nous rend plus fort. On doit plus réfléchir, anticiper, peser les risques à chaque manœuvre. Je pense que j’ai mené mon bateau à 100 % et j’en suis très fier, plus que d’être le premier navigateur handi à avoir bouclé le tour du monde. Je sais qu’on parle de moi à cause de mon handicap et je suis content d’y être arrivé, mais c’est cette sixième place au scratch (il a finalement pris la 7e place du classement officiel, après application de temps de compensation à certains concurrents suite au sauvetage de Kevin Escoffier, NDLR), le meilleur classement pour un bateau sans foils (1) qui me rend le plus fier. Pas le fait d’être le premier handi-skippeur à avoir bouclé la boucle. Je suis un athlète, un compétiteur, le handicap vient après.

Pourtant, votre performance pousse très loin la performance du sport handi.

D. S. : J’en ai conscience, et c’est important pour moi évidemment, même si je n’ai battu personne avec les mêmes caractéristiques que moi. De toute façon, je veux prêcher par l’exemple plus que par la mise en avant de ma différence. J’ai été élevé comme ça. Quand je suis né avec cette main en moins, mon père prof de gym nous a plantés ma mère et moi à la maternité pour aller faire de l’escalade et du VTT en se bandant la main, pour voir ce qui était possible avec une seule main. C’était fou, admirable mais sûrement pas la bonne chose à faire. Il ne faut jamais se projeter dans le handicap de quelqu’un, c’est impossible et parfois contre-productif, s’asseoir dans un fauteuil roulant quand on est valide n’a pas de sens, car il est impossible de se mettre à la place de quelqu’un qui n’en bouge pas. Et que se serait-il passé si le test de mon père n’avait pas été concluant ? J’aurais été bridé à vie ? Bref, ça a marché, et je tiens à remercier mes parents, ils ne m’ont mis aucun frein dans mon enfance à cause de mon handicap. La devise à la maison, c’était débrouille-toi. Oh, tout n’a pas été facile, ce handicap a été difficile à supporter à l’adolescence. J’ai même porté une prothèse à ce moment-là, pour être comme les autres et ne pas effrayer les filles. Mais j’ai vite compris que je me débrouillais mieux sans, physiquement et moralement.

On ne vous a jamais mis de bâtons dans les roues ?

D. S. : Dans ma famille non, mais dans le monde de la voile, il a fallu que je me batte. D’ailleurs ce Vendée Globe est un joli pied de nez à ceux qui n’ont pas cru en moi. En 2005, après ma première médaille d’or aux Jeux paralympiques d’Athènes, j’ai voulu me mettre à la course au large en solitaire. J’ai loué un bateau, je me suis entraîné en catimini et quand j’ai vu que c’était possible, j’ai contacté la Fédération française de voile pour leur expliquer mon projet. Je me doutais bien que mon absence de main poserait question, mais je n’imaginais pas qu’on refuserait de me voir, de répondre à mes courriers, de me regarder naviguer. Quand je me suis inscrit à la Solitaire du Figaro, j’ai reçu une lettre recommandée justifiant le refus de ma participation par le fait que je serais incapable de mener le bateau « en bon marin ». Aujourd’hui, ils doivent se sentir mal.

Vous vous sentez vengé ?

D. S. : Non, car je suis passé à autre chose, il ne manque rien à ma vie, et c’est leur attitude qui a entraîné la création d’une association que nous avons baptisée Tifenn et moi « Des pieds et des mains », pour promouvoir une pratique mixte de la voile. Je n’irais pas jusqu’à dire que ce handicap m’a aidé, mais il m’a permis de vivre une vie pleine et utile aux autres, je crois.

Sans lui, je n’aurais pas eu la chance d’être porte-drapeau de la délégation française aux Jeux paralympiques de Londres, une distinction que je dois à mon caractère de cochon notoire, terme que j’assume, c’est mon animal fétiche. Le sport paralympique est un sport de combat pour plus de respect, une meilleure acceptation de la différence. En 2011, l’année précédant les Jeux de Londres, je m’étais fait remarquer en enlevant mon tee-shirt sur un podium pour montrer le drapeau français que j’avais collé sur mon torse.

Pourquoi ce geste ?

D. S. : À l’époque, les athlètes handis n’avaient pas les mêmes vêtements que les valides aux Jeux, on n’avait pas le droit au terme équipe de France. Ma sortie m’a coûté quelques ennuis, mon geste aurait pu me valoir une disqualification, voire un retrait de licence. Mais le président de la Fédération handisport a jugé que j’avais raison, c’est pour cela que j’ai été choisi pour représenter la France à Londres. Je regrette d’ailleurs que la Fédération de handivoile ait été incapable de s’imposer pour les Jeux de Tokyo, où la discipline a disparu du programme, comme pour Paris 2024, je me serais bien battu pour une troisième médaille d’or en 2021. Mais en dehors de moi, je trouve triste qu’on prive de rêves olympiques des athlètes handis, d’autant plus qu’on avait mis en place une belle filière, on avait des résultats. Quel gâchis.

La route est encore longue pour le handicap.

D. S. : Il reste beaucoup à faire. Mon Vendée Globe est une bonne occasion de parler de handicap, d’intégration, d’insertion. Je n’ai pas la prétention d’incarner cela à moi tout seul, mais le rôle d’un sportif de haut niveau est d’être la vitrine de son sport. Je veux sortir le handicap de sa boîte. Dans notre société, on aime bien mettre des couvercles au-dessus des gens, c’est dramatique. Mon message aux personnes en situation de handicap, c’est : ne laissez personne vous mettre des barrières. Vivez votre vie au mieux que vous pouvez, et ça ne passe pas forcément par un exploit.

→ À LIRE. Vendée Globe : Kevin Escoffier secouru par Jean Le Cam, le naufragé sauveteur

Quand je fais des interventions dans les écoles, je ne parle pas forcément de mes aventures, je parle du quotidien et je capte mon auditoire en commençant par un exercice très simple, qui consiste à nouer ses lacets d’une seule main. Tout le monde peut le faire à condition de le vouloir et de s’entraîner. J’ai la chance d’avoir une nature et une éducation qui m’ont donné de la force de caractère, mais je revendique aussi le droit à la faiblesse pour les handicapés. Tous ne doivent pas être des anges, on demande toujours aux gens différents d’être exemplaires, généreux, travailleurs, modérés. C’est fatigant d’être toujours parfait. Les personnes handicapées ont les mêmes droits que les autres, y compris celui d’être fachos, cons ou fainéants.

Ou injustes… Vous ne vous êtes pas fait que des amis en déclarant que la décision du jury d’accorder des bonifications à ceux qui avaient participé au sauvetage de Kevin Escoffier gâchait la course. Vous avez même dit que ces vieux messieurs du jury n’y connaissaient rien.

D. S. : Sur la forme, j’ai eu tort. D’ailleurs, mon équipe s’est chargée de me le faire savoir, et j’ai rectifié le tir quelques heures après. J’étais fatigué et je n’aurais pas dû dire les choses comme ça. Mais je ne retire rien sur le fond. Bien sûr qu’il fallait compenser le temps perdu sur le sauvetage, mais pas sur ces bases-là. Ils ont décidé trop vite, sous la pression médiatique et selon de mauvais critères. En réalité, la météo qui s’est installée juste après le sauvetage de Kevin a arrêté tous ceux qui étaient dans cette zone, ce temps-là ils l’auraient perdu de toute façon. C’est cela que je regrette, et c’est un peu rageant de se faire dépasser sur tapis vert alors qu’on ne le mérite pas. Charlie Dalin s’est fait prendre sa première place largement méritée et il pense sûrement comme moi. Mais il ne dit rien, car il est plus modéré et a sans doute meilleur caractère que moi.

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Ses dates

1979. Naissance à Briançon (Hautes-Alpes).

1990. Découverte de la voile en Guadeloupe, où sa famille s’est installée, lors de l’arrivée de la Route du Rhum (course transatlantique française en solitaire) remportée par Florence Arthaud.

2004. Médaille d’or aux Jeux paralympiques d’Athènes, suivie d’une médaille d’argent à Pékin en 2008 et d’une nouvelle médaille d’or à Rio en 2016.

2005. Se lance dans la course au large et remporte le premier de ses cinq titres de champion du monde handi.

2010. Première participation à la Route du Rhum à bord d’un monocoque de 13 m (class 40).

2017. Remporte le Tour de France en équipage à la voile.

2018. Lance sa carrière en Imoca (monocoque de 18 m) à la Route du Rhum (6e).

2020. Première participation au Vendée Globe, tour du monde en solitaire (7e).

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Un objet – Un couteau suisse

« C’est un objet qui me ressemble. La première fois que je suis allé à l’hôpital Necker (Paris) pour me faire greffer une prothèse en plastique, j’ai demandé au chirurgien qu’il me pose un couteau suisse à la place. À chaque problème, cet objet propose une solution adaptée. Et quand on vit avec une main en moins, on est confronté sans arrêt à des difficultés qu’on doit résoudre. Je suis comme ce couteau qui ne reste jamais buté sur un problème. »

Un lieu – La moyenne montagne

« Je suis né à Briançon et j’ai grandi à Vaison-la-Romaine, où mon père, prof de gym, avait été affecté. Je le suivais partout en escalade. C’est là que je suis allé en vacances avec ma femme et mes deux enfants après le Vendée Globe. Moi qui suis sur courant alternatif en permanence, les paysages de moyenne montagne m’apaisent. Ils ne sont jamais monotones, ils changent suivant les saisons, en dépit d’apparences calmes, ils sont imprévisibles, comme moi. »

Une chanson – « We are the Champions »

« J’adorais le groupe Queen et la voix du chanteur Freddie Mercury. J’ai grandi avec cette chanson. C’était un groupe de pop à la fois comme les autres et différent, très entraînant, un peu comme moi. Ce morceau a accompagné quelques podiums, on peut le hurler seul sur son bateau ou le reprendre à plusieurs quand on se sent bien ensemble. »

→ PODCAST. Clarisse Crémer : « Pendant le Vendée Globe, j’ai pris le temps de contempler les océans »

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