Categories
Entertainment

« Avec l’adoption, on devient deux personnes » : Laure a servi de modèle au film de Davy Chou


Sur un coup de tête, une vingtenaire française débarque à Séoul pour rencontrer ses parents biologiques. Elle compte rester quinze jours, elle y passera une dizaine d’années. De ce sujet, l’hyper doué Davy Chou, réalisateur français d’origine cambodgienne, hanté par le déracinement et la jeunesse nomade, tire le portrait envoûtant d’une femme aux vies multiples. A l’écran, Freddie est jouée par Park Ji-min, artiste plasticienne et actrice née. Dans la vie, elle se nomme Laure Baudufle et tient un salon de yoga parisien où elle propose une approche thérapeutique dédiée aux adoptés. Né de l’osmose créative entre ces trois-là, « Retour à Séoul », passé par la Croisette (Un certain regard), séduit jusqu’aux Etats-Unis où il compte parmi les outsiders de la saison des prix.

Le visionnage de cette vidéo est susceptible d’entraîner un dépôt de cookies de la part de l’opérateur de la plate-forme vidéo vers laquelle vous serez dirigé(e). Compte-tenu du refus du dépôt de cookies que vous avez exprimé, afin de respecter votre choix, nous avons bloqué la lecture de cette vidéo. Si vous souhaitez continuer et lire la vidéo, vous devez nous donner votre accord en cliquant sur le bouton ci-dessous.

Quand vous êtes-vous rencontrés ?

La suite après la publicité

Laure Baudufle. En 2004 à l’Essec. Derrière une porte, je vois apparaître Davy avec ses cheveux hirsutes et ses baskets colorées. On prend des cours de chinois ensemble.

Davy Chou. A l’école, on ne parle ni du Cambodge ni de la Corée, ni toi de ton adoption.

L.B. On voulait s’intégrer, être les Blancs qu’on ne sera jamais.

D.C. Chez moi, le Cambodge était un sujet tabou, mes parents ont quitté le pays deux ans avant l’arrivée au pouvoir des Khmers rouges et beaucoup de membres de ma famille ont disparu pendant le génocide. Trop de douleurs, de souffrances. A la fin de nos études, on doit passer six mois à l’étranger. Laure part en Corée ; moi, au Cambodge.

La suite après la publicité

Laure, à quel âge avez-vous appris que vous étiez adoptée ?

L.B. A 7 ans, je crois. Je ne sais pas… Je me suis censurée… Je n’ai jamais posé la question et n’en ai plus reparlé jusqu’à ma crise d’adolescence. Dans le miroir, je me voyais blanche, ce sont les autres qui me renvoyaient l’image d’une Asiatique. Je ne me perçois toujours pas comme une Asiatique d’ailleurs.

D’où naît l’idée de faire un film de l’histoire de Laure ?

L.B. En 2011, je pars avec Davy à Busan où il présente son premier film, « le Sommeil d’or ».

La suite après la publicité

D.C. Tu m’as dit un truc qui m’a marqué : « Je vais te montrer mon pays. »

L.B. J’avais rencontré mon père biologique deux ou trois fois depuis 2008 mais c’était laborieux. Entre l’incompréhension de la langue et son comportement avec l’alcool. Là, je le revois avec Davy.

D.C. Les retrouvailles sont assez brutales. J’ai tout de suite pris des notes et des photos, dans un coin de ma tête, je savais qu’il y avait un film possible autour de Laure. En 2017, j’y repense, lui en parle, elle vivait alors à Londres, je lui demande de me raconter. Deux semaines plus tard, je reçois 40 pages avec photos à l’appui et, surtout, le détail de ses aventures en Corée. La même année, on revoit son père et même si l’après-midi n’est pas parfaite, le rapport s’est pacifié. D’où l’idée d’un récit qui court sur huit ans, en résistance aux films sur le sujet dont le protagoniste se réconcilie un peu vite avec lui-même et les autres. Cela ne se passe pas du tout comme ça.

L.B. Il m’a fallu au moins dix ans. Comme si j’avais dû changer de système d’exploitation, passer de Windows à Mac OS… Il ne s’agit pas juste de dire « bonjour papa, bonjour maman » mais de reconstituer des récits qui s’inscrivent dans l’histoire des pays. Avec l’adoption plénière, on coupe tout pont avec notre lignée, on devient deux personnes. Laure et une autre presque morte mais encore là – ce qui est un peu gênant pour la famille adoptive. Or il faut que cette autre renaisse, trouve sa place. Cela prend du temps. Aujourd’hui, je prépare une exposition de dessins, photos et installations autour de cette jumelle imaginaire : comment aurait-elle vécu si elle était restée en Corée ?

Vous avez un nom coréen ?

L.B. Park Ah-reum.

La suite après la publicité

D.C. « Ah-reum » signifie « belle ».

L.B. J’existe toujours sous cette identité là-bas. Quand mon père biologique m’a remise, bébé, aux services de l’adoption, il a laissé son numéro de sécurité sociale et celui de ma mère pour que je puisse un jour les retrouver. Il a gardé la porte ouverte. Mon père s’est remarié, il a eu trois enfants, ma mère, deux… Ils n’étaient pas éligibles à être ensemble ; en Corée du Sud, les parents doivent jouir du même statut social. C’est une société très élitiste et compétitive, il ne faut garder que les meilleurs. On compte entre 200 000 et 300 000 adoptions de bébés sud-coréens à l’étranger depuis la guerre de Corée en 1953. Dont 11 000 en France. Le plus grand flux correspond à notre génération. Ouvrir les vannes à l’adoption internationale a fini par susciter pas mal de polémiques et de scandales en Corée. Depuis la fin des années 1980, elles ont été refermées. Cela a aussi coïncidé avec la Convention de La Haye pour la protection des droits de l’enfant, signée par la France au début des années 1990. D’où le rétrécissement des adoptions à l’étranger en faveur d’adoptions au sein du pays. Le choc que pouvait constituer pour un bébé asiatique de se retrouver en Europe était enfin pris en compte.

D.C. Ce phénomène d’adoption est très connu en Corée, c’est même devenu un sujet cliché. Il y a pas mal de télé-réalité, de documentaires et, dans les Korean dramas, on trouve souvent un personnage de Coréen adopté très mélo. C’est aussi un sujet de honte. On m’a d’ailleurs averti que mon film ne serait pas très commercial. Or il se trouve que cette année, sur le même thème, est aussi sorti « les Bonnes Etoiles » du japonais Hirokazu Kore-eda. Là aussi, un cinéaste non-coréen s’est emparé de l’histoire. Le patriarcat a joué pour une grande part dans ces adoptions : il était impossible d’être mère célibataire dans le pays [à l’époque de la dictature, NDLR].

Song Kang-ho, l’acteur qui porte le cinéma coréen

Dans le film, la rencontre de Freddie avec sa mère semble avortée.

La suite après la publicité

L.B. J’ai rencontré la mienne une seule fois, elle m’a livré sa vision des choses de manière très limpide puis elle a coupé le lien, comme dans le film. Mon père est gentil mais on n’a rien en commun. A travers lui, je m’accrochais à la personne que j’aurais pu être et quand j’ai commencé à lâcher-prise là-dessus, mon intérêt pour lui a décru. Alors qu’avec ma mère, j’ai ressenti quelque chose d’animal.

Le personnage de Freddie-Laura (au centre) est jouée par Park Ji-min, artiste plasticienne et actrice. (COPYRIGHT LES FILMS DU LOSANGE)

Laure, avez-vous rencontré Park Ji-min, qui joue votre alter ego dans le film ?

L.B. Je trouvais stressant de ne pas avoir la main et avais décidé de ne pas m’impliquer. J’ai découvert le film à Cannes. Beaucoup d’émotions se mêlaient. Ji-min insiste sur certaines valeurs, comme le féminisme, qui ne me tenaient pas autant à cœur à l’époque qu’aujourd’hui, à 38 ans. Je trouve très bien qu’elle apporte ça. C’est complémentaire. Au début, j’étais sceptique sur le fait que Ji-min et Davy ne soient pas adoptés. Plus maintenant, car cela touche, au fond, à des sujets assez universels, cela évite la victimisation et agrandit la perspective.

Davy, votre actrice Park Ji-min dit vous avoir poussé à déconstruire des choses sur les rapports hommes femmes. Quoi exactement ? Parce que Laure semble avoir déjà du répondant…

La suite après la publicité

D.C. Le personnage avait du répondant dès l’écriture, il n’était pas lisse du tout. Mais elle m’a incité à creuser des éléments précis liés à la question du féminisme…

L.B. Du sexisme, oui. J’avais, moi-même, trouvé la première version du script sexiste. Tu te faisais plaisir en t’identifiant à la nana et en l’amenant à agir comme tu le voulais (rire). C’était le fantasme de ce qu’est une femme selon Davy. Le coup de la perruque blonde, par exemple. Je mettais, en effet, des perruques blondes pour sortir à l’époque mais pas pour rencontrer un vieux sur Tinder et coucher avec lui ! Là, ça prenait une tournure scabreuse et vraiment glauque.

D.C. Ce changement vestimentaire n’est pas la seule évolution, bien sûr. Dans la partie underground, Freddie personnage était davantage désignée comme un cliché de femme fatale, une sorte de vamp. Au final, elle est plus fluide, warrior, et je pense que ça apporte beaucoup au film. Cela tient aussi à plein d’autres petits détails. Dans la première scène, par exemple, quand elle se voit expliquer la bienséance, comment servir le soju et qu’elle le fait malgré tout selon son envie, dans le scénario de départ, les conseils venaient de Tena, la copine de la guest-house. Pendant les répétitions avec les deux comédiennes, Park Ji min et Guka han – elle aussi actrice non professionnelle, écrivaine, basée à Berlin, politisée et féministe –, quelque chose ne passait pas. Un bon signe à mes yeux puisque la scène évolue autour du malaise que créé le comportement insultant de Freddie. Mais Guka, qui rougissait à chaque fois que Freddie la servait, n’arrêtait pas de demander « pourquoi fait-on cette scène ? ». Je lui expliquais le côté néo-colon et provocateur de Freddie et, à un moment, Ji-min m’a confié que, selon elle, il devait y avoir de la sororité entre femmes, que l’agressivité de Freddie devait se porter sur un homme. On a donc construit la scène de sorte que ce soit le garçon qui donne l’explication et lui que provoque Ji-min. Et tout le monde était content. Par ce petit retournement, quelque chose se joue d’une forme de mansplaining, très polie et bienveillante. Un autre exemple. Dans la scène où Freddie, de retour en Corée, est dans le taxi avec son mec pour aller voir le père, elle regardait par la fenêtre et disait : « C’est toxique pour moi, ici, tu ne te rends pas compte. Je vais avoir besoin que tu me protèges. » Là, Ji-min a bondi : « Impossible qu’elle dise ça. Après sa trajectoire, elle ne peut pas penser qu’un homme va la protéger. » J’ai défendu l’idée qu’elle puisse spontanément avoir besoin de réconfort mais, pour elle, c’était impensable. Quand j’en parle avec mes copines, elles adhèrent à la position de Ji-min, c’est intéressant… Du fait d’avoir puisé dans la vie de Laure, d’y avoir dissimulé un peu de moi-même puis d’avoir dialogué avec Ji-min pour que le personnage existe, le processus de travail sur ce film fut passionnant. Freddie est vraiment une création à trois.

Depuis sa présentation à Cannes, « Retour à Séoul » bénéficie d’un engouement international partout où il passe. Notamment aux Etats-Unis où il est cité dans de nombreux tops annuels de la presse et compte parmi les favoris pour les nominations à l’oscar du film étranger.

La suite après la publicité

D.C. C’est la cerise sur le gâteau et une surprise totale. J’ai fini le film quelques jours avant Cannes et j’étais terrorisé à l’idée de le montrer. Là, le boss de Sony Pictures Classics, qui venait d’acheter le film, m’appelle à une heure du matin et me dit : « Ça va être énorme, le film va toucher plein de monde. » Je trouve ça très sympa mais je me dis qu’il délire. Eh bien, ce type de 60 ans avait vu juste. Je voyage beaucoup avec le film et je suis très surpris, à chaque fois, de recevoir des retours très émus d’un public jeune, métissé. D’Asiatiques mais pas en Asie, d’une Argentine à Sydney, d’un Portugais au Canada… D’après ce qu’on m’en dit, le film touche quelque chose d’universel chez les gens qui ne vivent pas dans le pays d’où ils viennent. Ils me disent y retrouver une fidélité à leur expérience, peu vue au cinéma. Evidemment, ça me touche et me flatte. Parce que j’avais vu d’autres films sur le sujet et que, pour être très honnête, si on m’avait dit que je m’attellerais à l’histoire de quelqu’un qui renoue avec ses racines, j’aurais trouvé ça vulgaire. J’avais trop peur du cliché.

Le réalisateur David Chou.
Le réalisateur David Chou. (MICKAEL VIS POUR « L’OBS »)

Des films vous ont-ils inspiré ou servi de repères ?

D.C. « Synonymes » de Nadav Lapid (2019), sur un Israëlien qui ne veut plus rien à voir à faire avec son pays, déboule à Paris et décide de devenir Français. Un film étrange, très tordu, différent du mien mais qui m’a ouvert les yeux et beaucoup stimulé sur la question de l’identité, de la sur-affirmation de soi, sur la liberté et la provocation aussi. Claire Denis, après avoir vu « Retour à Séoul », a dit trouver que Ji-min était en résistance contre le film, contre moi et contre la caméra. Or, c’était l’impression que j’avais eu de l’acteur Tom Mercier dans « Synonymes », le sentiment qu’une danse, presqu’un combat, se jouait entre lui, Nadav Lapid et le chef opérateur. Une lutte entre un sujet et son personnage. Claire a vraiment touché juste. Ji-min a beaucoup apporté à mon film. Par sa façon de parler, ce qu’elle dégage, le film touche toute une génération de spectateurs plus jeunes que moi, un public d’aujourd’hui. Sinon, pendant l’écriture, j’ai découvert « Cinq Pièces faciles » de Bob Rafelson (1970). J’avais quasiment fini le scénario et j’ai eu l’impression de voir mon personnage sous les traits de Jack Nicholson, jusqu’au rapport au piano. Or quand j’ai commencé à montrer « Retour à Séoul » à des amis ou dans les commissions cinématographiques, de nombreux retours pointaient un problème avec le côté antipathique de Freddie. Les spectateurs étaient gênés du fait que cette antipathie naisse d’un personnage féminin. Cela en dit long sur l’époque. J’ai aussi pensé à « Toni Erdmann » [de Maren Ade, 2016] pour le personnage a priori peu aimable qu’on apprend à apprécier sans qu’elle fasse de compromis. Et pour le rapport conflictuel au père. C’est un film qui m’a beaucoup impressionné par la subtilité de son écriture et son rapport au temps.

Vous avez coproduit le très beau « Onoda » d’Arthur Harari et développez aussi une activité de producteur au Cambodge…

D.C. J’ai toujours navigué entre les deux activités, producteur et réalisateur. J’ai créé une boîte de production, Vicky Films, avec Jacky Goldberg et Sylvain Decouvelaere, avec laquelle on avait produit mon premier film, « le Sommeil d’or ». Au moment du deuxième, « Diamond Island », j’ai un peu lâché après avoir compris que les types qu’on voit aux génériques avec la double casquette de producteur-réalisateur ou producteur-acteur, ce sont les Judd Apatow ou les Tom Cruise, des gens très riches qui ont des équipes derrière eux pour faire le travail. Trop ambitieux pour moi. Mais après « Diamond Island », j’ai replongé. J’habite aujourd’hui au Cambodge et je suis entouré de jeunes gens pleins de talents. Or il n’y a pas beaucoup de producteurs là-bas. J’ai cette chance d’avoir deux pays, deux cultures, et de savoir comment produire ces talents-là du cinéma d’auteur. De pouvoir les accompagner en développement et en financement, de leur faire rencontrer les bonnes personnes. C’est ainsi qu’est né « White Building », de Kavich Neang, sorti par les Films du Losange, le distributeur de « Retour à Séoul » et « Diamond Island ». Un premier film cambodgien d’un cinéaste né au Cambodge qui s’est retrouvé à Venise en 2021 avec un prix du meilleur acteur, section Orrizonti. Je produis aussi pas mal de jeunes cinéastes femmes cambodgiennes dont je développe les courts-métrages et les premiers longs. J’adore ça mais concilier les deux activités demande plusieurs vies.

La suite après la publicité

Y a-t-il des écoles de cinéma au Cambodge ?

D.C. Pas vraiment. Cela passe par les ciné-clubs, les discussions, la cinéphilie. Depuis que je vis là-bas, j’organise un ciné-club chez moi, j’y montre beaucoup de films, souvent de façon illégale. La jeune cinéaste Danech San, que je produis, y a découvert les films d’Apichatpong Weerasethakul et David Lynch qui ont beaucoup influencé ses courts-métrages.

Laure, revenons à vous. Etes-vous toujours proche de votre famille adoptive ?

L.B. De plus en plus, avec le temps.

La suite après la publicité

Vous avez réellement travaillé dans la vente d’armes ?

L.B. En 2009, je vivais en Corée pour essayer de devenir la Coréenne que je ne serais jamais. J’ai rencontré quelqu’un dans ce milieu, qui m’a proposé un job. La Corée était devenue trop malsaine pour moi mais, une fois à Paris, je ne pensais qu’à y retourner. Et j’ai accepté Je pensais faire ce métier quelques mois et j’y suis resté onze ans. Je ne vendais pas exactement les armes, pire, j’aidais les étrangers à les fabriquer (rire). Aujourd’hui, j’y vois de la colère. Une colère contre les hommes, ces lâches, auxquels j’ai voulu botter le cul (rire). Parce que c’est la lâcheté de mon père qui a mené à mon adoption. Et puis, travailler dans la Défense, n’est-ce pas chercher une protection ?

D.C. Je vois chez Freddie et chez Laure un refus d’accepter que les autres nous définissent. Pour moi, au-delà d’affirmer « je suis française » ou « coréenne », elles sont constituées d’une infinité d’identités qui leur permettent de se métamorphoser sans cesse par un pas de côté. Leurs changements d’existences successives sont libérateurs. J’ai toujours eu de l’admiration pour les gens qui ont cette capacité à faire peau neuve, à se réinventer. Cela demande du courage, de la persévérance. Laure, comme Freddie, lézarde et liquéfie les assignations.

« Retour à Séoul », par Davy Chou, en salle le 25 janvier.
« Retour à Séoul », par Davy Chou, en salle le 25 janvier.

BIO EXPRESS

Né en 1983 à Fontenay-aux-Roses, de parents cambodgiens, Davy Chou grandit à Lyon. Il écrit et réalise en 2012 « le Sommeil d’or », documentaire sur le cinéma disparu sous les Khmers rouges, et, en 2016, « Diamond Island », un teen movie sur la jeunesse de Phnom Penh. Il a coproduit « Onoda » d’Arthur Harari et œuvre à l’éclosion de jeunes cinéastes dans son pays d’origine.



Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *